S’espanter, toupiner, fousiquer, gansouiller… vous ferez tout ça dans le Tarn ! Les sites classés vous laisseront sans voix, le régime tarnais vous fera prendre un peu de poids certes mais vous les perdrez aussitôt en crapahutant dans la nature sauvage et splendide. Petite sélection de 10 expériences étonnantes, dépaysantes, émerveillantes !

1 - Prendre son temps à Albi

Prenez des briques (beaucoup, et de couleur rouge), des bâtisseurs (confiez-leur lesdites briques) et des hommes d’Église. Laissez infuser puis ajoutez un peintre (de préférence amateur de cabarets et de maisons closes), des rugbymans et environ 50 000 joyeux habitants (dans « albigeois », il y a « joie »). Secouez le tout. Vous voici à Albi, ville aussi appréciable pour sa cathédrale que pour les ruelles du vieil Albi et les terrasses de ses cafés. À apprécier en prenant son temps.

2 - Faire un retour aux sources

Louis XIV devait s’en gratter la perruque : comment franchir les 189 m d’altitude du seuil de Naurouze, obstacle majeur du projet de canal du Midi ? Le monarque a heureusement trouvé un expert en problèmes de robinets en la personne de Pierre-Paul Riquet. Plutôt que de vous la couler douce en contemplant le miroitement des eaux sous les allées de platanes, que diriez-vous d’examiner les prouesses techniques de Pierre-Paul aux « sources du canal du Midi » ? Au programme : la prise d’eau d’Alzeau, la rigole de la montagne Noire et le bassin de Saint-Ferréol. Entre deux calculs de débit et de vitesse d’évacuation, vous pourrez vous baigner dans le lac ! Découvrez la Rigole de la Montagne Noire et la Voûte de Vauban…

3 - Adopter le régime tarnais

Ici l’ail rose est label rouge, la truffe est noire (la meilleure !) et le safran est… safran. Mais trêve de bla-bla et passons à table. Ou plutôt commençons par aller au marché. D’étal en étal, on y découvre tout ce qui met de la joie dans les assiettes tarnaises : des fromages, du canard, du veau (du Ségala), des charcuteries (de Lacaune), des gimblettes, poumpets et autres douceurs. On l’aura compris : dans le Tarn on ne saute pas les repas. Et au printemps, on n’oublie pas de goûter les respounchous, des jeunes pousses aux airs d’asperges sauvages (mais ça n’a rien à voir, vous diront les connaisseurs). Recettes et produits locaux, à déguster avec modération … ou pas !

4 - Donner rendez-vous au soleil

Imaginez une étoile en fusion projetant sa lumière venue des tréfonds de l’espace sur une cité de science-fiction posée sur un manteau de vapeur d’eau… La bande annonce du prochain Star Wars ou du nouveau Return to Tarn de Luc Besson ? Que nenni : cette production à grand spectacle se joue certains matins à Cordes sur Ciel, lorsque le jour se lève sur le village embrumé. Il n’y a plus qu’à régler son réveil et à espérer que le temps soit clair. Avoir aussi une pensée pour le soleil, obligé de se lever plus tôt encore, sa lumière mettant plus de 8 minutes à parvenir jusqu’à nous.

5 - Crapahuter sur les rochers du Sidobre

Les géologues parlent de « massif granitique du Stéphanien composé de granodiorite et de monzogranite ». Fichtre ! Les visiteurs s’exclament : « waouh, ils sont délirants ces rochers ! » Tentant. Tout ce petit monde a raison : exception géologique unique en France, le Sidobre est un territoire de choix pour 1/regarder des rochers, 2/marcher, 3/ pédaler et 4/laisser courir son imagination. On y trouve en effet des rochers aux formes les plus mystérieuses – une oie, des fromages… – dont certains pèsent 900 tonnes. Le Sidobre, c’est du lourd !

6 - Plonger dans le grand bleu du pays tarnais

C’est une plante aux fleurs jaunes qui produit une teinture du bleu le plus intense. Son histoire nous emmène des Grecs aux Romains et de François 1er aux grands maîtres de la peinture. La région lui doit son nom de pays de cocagne. Réponse ? Le pastel bien sûr. Artisans, culture, boutiques, visites, Ysatis Tinctoria vous en fera voir de toutes les couleurs ! Et si vous n’aimez ni le bleu, ni les fleurs, ni les tissus, et encore moins la peinture, sachez quand même que le pastel fait fuir les insectes…

7 - Se laisser flotter

Au pays du Gaillac, l’eau est aussi à l’honneur. Au choix (et selon la proximité que l’on souhaite entretenir avec l’élément liquide), on pourra pique-niquer au fil de l’eau, jouer à Davy Crockett en canoë sous le viaduc de Millau, s’aventurer en kayak dans les gorges du Tarn, ou encore découvrir l’alignement impeccable du palais de la Berbie et de la cathédrale d’Albi depuis le pont d’une gabarre, les bateaux à fond plat qui transportaient naguère les marchandises. C’est bien connu : rien ne vaut une bonne gabarre pour animer la journée !

8 - Courir les festivals

Vous êtes plutôt rockabilly ou chant lyrique ? Zumba ou danse classique ? Majorettes ou fêtes médiévales ? Ail ou charcuterie ? Qu’importe : quelles que soient vos orientations artistico-festives, sous pourrez leur donner libre cours dans le Tarn. La région accueille en effet – et dans le bonne humeur, s’il vous plait ! – des festivals pour tous les goûts. Évitez cependant d’arriver en costume country au festival Musique des Lumières de l’abbaye de Sorèze ou en robe longue à Rock’&’Cars, à Lavaur. Pour la Fête des fous de Saint-Lieux-Lafenasse, vous pourrez (presque) faire ce que vous voulez. Pour ne rien louper, consultez l’agenda des festivals !

9 - Célébrer Bacchus et Apollon

Bacchus et Apollon : le dieu du vin et celui des arts et de la musique ! La belle tête d’affiche que voilà ! Envie de côtoyer les dieux ? Rien de plus simple grâce aux vignerons de Gaillac, qui organisent aux beaux jours des apéros-concerts dans leurs domaines, au cœur du vignoble. Entre chansons (à boire) et vins de producteurs, on y fait vibrer à l’unisson muscadelle, duras et loin de l’oeil – des cépages locaux –, piano et guitare. Avec modération pour les premiers, sans modération aucune pour les autres. Alors, envie de déguster un vin tarnais ?

10 - Tutoyer les nuages

Cordes-sur-Ciel tutoie les nuages ? Et si on allait plus haut ? Et si on allait prendre son pied à 900 pieds d’altitude ? Voler étant encore hors de portée de l’organisme humain, il vous faudra avoir recours à une machine volante : montgolfière (pour les contemplatifs), planeur (pour les planants) ou ULM (pour les sportifs). Bouclez votre casque et à vous les envolées au-dessus des rochers du Sidobre, de la montagne Noire ou de la forteresse de Puycelsi. Le plus dur, comme avec le LSD, sera de gérer la descente ! Petit avant goût des paysages tarnais en 360°