Castres : Les Jardins de l’évêché

Ce jardin « à la française » a été dessiné par André Le Nôtre dans la pure tradition du classicisme français du 17ème siècle. Il représente de manière très stylisée la fleur de lys surmontée d’un chapeau d’évêque, réunis par une croix occitane. Ces symboles peuvent évoquer l’association du pouvoir royal et du pouvoir épiscopal en pays occitan, notamment à Castres.
Ces broderies sont ceinturées par un massif fleuri ponctué de topiaires d’ifs vénérables taillés en des formes très diverses. En effet, lors de sa construction à l’extrémité de la propriété épiscopale, se trouvait un hospice, qui possédait le jardin. Ils en laissèrent la jouissance aux prélats à la condition qu’ils puissent venir tailler eux-mêmes ces ifs. D’où les tailles et hauteurs différentes qui caractérisent le jardin de Castres.

Saurimonde, la fée d’Hautpoul ou la légende du peigne d’or

La fée Saurimonde vivait au bord de l’Arnette au pied d’Hautpoul avec sa fille aux boucles d’or. Elles étaient toutes deux d’une grande beauté et se cachaient dans cette belle vallée du Thoré aux verdoyantes prairies. Un jour, Rivière, un chasseur bourgeois de la ville, les surprend au bord de l’eau. Saurimonde est en train de coiffer la chevelure de l’enfant avec le fameux peigne d’or chanté par tous les troubadours de la région. Un peigne d’or étoilé de diamants, bijou de reine, œuvre du diable. Rivière, l’archer cupide, se met en tête de posséder ce peigne d’or et traque les deux créatures. Mais sa flèche touche la fillette et la fée Saurimonde, dans sa douleur, jette le peigne d’or dans la rivière. On dit depuis que l’Arnette est une rivière aurifère et que c’est ce talisman magique qui procura la fortune industrielle de Mazamet au XIXe siècle.

Mazamet : l’incroyable histoire du textile

Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, l’essor de l‘activité textile mazamétaine est contrarié par des problèmes d’approvisionnement en matière première. A cette époque, la laine provient exclusivement de la tonte des moutons du Languedoc, de Provence et d’Espagne. Il faut trouver un moyen de surmonter cette difficulté.

C’est ainsi qu’un industriel, Pierre Élie Houlès, a l’idée en 1851, d’importer des peaux de mouton d’Argentine. Quelques années sont nécessaires à la mise au point de la technique originale du  » délainage à l’échauffe  » qui permet pour la première fois de séparer la laine du cuir sans endommager l’une ou l’autre de ces matières.

C’est en partie grâce aux eaux exceptionnellement douces (dépourvues de calcaire) de l’Arnette que le délainage peut se développer dans la région.

Rapidement, Mazamet devient le centre mondial du délainage : elle est connue dans les principaux pays d’approvisionnement en peaux lainées (Argentine, Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Maghreb) et dans les pays acheteurs de laine (Europe, États-Unis, Russie). La principale qualité de Mazamet est de pouvoir fournir en très peu de temps tous les types de laines de moutons originaires de l’hémisphère sud.

Pourquoi la Montagne noire ?

Si cette montagne a un nom qui semble bien triste et peu coloré, elle n’a de « noire » que son nom. Car pour celui qui ose s’y aventurer, voilà un beau relief aux multiples vallées, aux gorges encaissées, aux ruisseaux parfois impétueux, aux roches diverses et variées, aux forêts denses, touffues et colorées. Des couleurs qui changent au gré des saisons. Cet important « manteau végétal » vu de loin et notamment sur le versant nord de la montagne lui donne une couleur sombre. Voilà certainement l’origine de son nom.