Qu’est-ce qui porte Bernard Lavilliers? Une indéfinissable compagne que partagent Ray Barreto, Youssou N’Dour, Mozart ou Ravel.

Description

Etonnant Lavilliers ! Brillant voyageur, qui change encore une fois la donne. Dans ce vingtième-et-unième album studio, il envoie valser d’un coup de rein les rythmes chaloupés, au profit de guitares électriques, cordes, cuivres et percussions orchestrées en bouquets énergisants.

Il y a une logique dans le déroulement de ces onze titres, que ferme L’Espoir et ouvre le cinglant La Gloire, poème écrit par Pierre Seghers en 1957 en pleine guerre d’Algérie et que Bernard Lavilliers a mis en musique avec Fred Pallem.

Lavilliers et les poètes, c’est une histoire d’amour qui n’aura pas de fin. « J’ai trouvé ce texte dans un vieux livre, et en accord avec la famille, j’ ai répété un quatrain. Le texte est fort ». Ce que décrit Seghers et que magnifie Lavilliers est un portrait de guerre d’une frappante actualité : « Broyeur de mort, lanceur de feu / Rôtisseur de petits villages / Mon bel en voyé du Bon Dieu / Mon archange, mon enfant sage / Bardé de cuir casqué de fer / Fusilleur, honneur de la race ». Si Lavilliers fait évoluer les formes, la ligne de pensée demeure fidèle au Stéphanois contestataire et équilibriste surgi dans le paysage français des années 1970.

Après ce texte abrasif, Bernard Lavilliers allait-il nous laisser tranquille, à roupiller sur nos transats estivaux? Sûrement pas. Le deuxième titre, Croisières méditerranéennes, exige que nous regardions le dessous des cartes. « Il y a quand même 2 0 000 morts au fond de la Méditerranée. Tu peux faire une croisière sur le Costa machin, mais au fond… » , résume Bernard l’indocile.

Plus urbain qu’à son habitude, Lavilliers explore aussi Paris, qu’il aime grise, et met Mon tparnasse en regard avec Buenos-Aires. « J’y cherche des traces de lumière et d’inspiration, ce n’est pas nostalgique. Neruda, Borges, Soutine, Apollinaire sont bien vivants, ils sont là ». Le vague à l’âme est en ce cas jouissif. La Coupole ici, le Café Margot à Buenos-Aires. Des dames et des terrasses. Composé par Pascal Arroyo sur des paroles de Lavilliers, Montparnasse Buenos-Aires a été réalisé par Benjamin Biolay, tout comme Paris La Grise, et nous voici avec deux boléros, du temps où « Le paradis avait des enfants ».

Pour cet album, Bernard Lavilliers retrouve aux arrangements et à la réalisation Fred Pallem, présent dans l’univers du chanteur depuis Causes perdues et musiques tropicales paru en 2010, Florent Marchet rencontré lors de la création du spectacle Frère animal, ou Romain Humeau, chanteur d’Eiffel, artisan de l’album Acoustique et d’une partie de Baron Samedi. Il innove également en conviant, en plus de Benjamin Biolay, les quatre musiciens de Feu! Chatterton pour officier en backing-band sur deux titres, comme au temps du Stéphanois . « J’aime changer , explique Bernard Lavilliers, les arrangements sont très classiques, pour la première fois. Il y a une logique. Par exemple, pour Charleroi, j’ai travaillé avec les jeunes de Feu! Chatterton. Ils ont ralenti la chanson, ils ont mis des sons de 1970, si je l’avais fait moi-même, on aurait dit que je me serais plagié ! ».

C’est elle qui pousse notre inconditionnel de Blaise Cendrars à regarder le monde à la loupe : la muse. « Si la muse te lâche, tu es dans la m… », dit-il en chantonnant : « Si jamais tu te casses, si jamais tu te tires ailleurs, si jamais tu te lasses de ma voix et de ma chaleur … je serai sur tes pas, je suivrai ton odeur » . Chez Lavilliers, on ne lâche rien et la crainte devient alors une belle salsa.

Langues parlées

  • Français

Coordonnées et contact

Lavillers – Pause Guitare 2018
Rue Lamothe
Base de loisirs de Pratgraussals
81000 Albi

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Ouverture

Jeudi 5 juillet 2018.

Mis à jour le 13 dcembre 2017 par Arpèges et Trémolos