Du 17 octobre 2026 au 14 mars 2027
1 rue de l'Hôtel de Ville, 81100 Castres
L’exposition propose de découvrir l’oeuvre très singulière de Félix de Recondo, à travers la présentation d’un ensemble de pastels, d’oeuvres au crayon graphite, de gravures et de deux sculptures en bronze.
Au total, une trentaine d’oeuvres permettra de retracer la carrière de l’artiste depuis ses premières gravures de prisons des années 1970, très proches des Désastres de la guerre de Goya, jusqu’aux oeuvres des années 2000 plus centrées sur la figure humaine, et en particulier ses grands personnages déformés, assis sur des cousins colorés.
Marqué par l’exil, par un sentiment de peur, par les tortures exercées par Franco dans son pays, Félix de Recondo exprime à travers la représentation des corps tout son questionnement sur la nature humaine. Le sujet est douloureux, expiatoire. Les corps sont souffrants, déformés et semblent glisser et se dérober, jusqu’à disparaître.
Artiste atypique, Félix de Recondo développe un univers singulier qui semble dialoguer avec celui de Francis Bacon (1909-1992), Hans Bellmer (1902-1975) ou encore Georges Bru (1933-2023), d’ailleurs ami de Félix. Sans relever d'aucune de ces influences de manière directe, son oeuvre partage avec elles un goût pour les métamorphoses du corps, les visions oniriques, l'inquiétante étrangeté du monde et une exploration des profondeurs psychiques. Son langage plastique, profondément personnel, s'inscrit à la croisée de l’expressionnisme et du surréalisme.
L’oeuvre multiforme de Félix de Recondo se déploie de 1972 aux années 2000. Elle est tournée vers l’exploration de la complexité humaine.
En 1972, alors qu’il a 40 ans, Recondo entame une première période avec des dessins de grandes dimensions à la mine de plomb et à la pointe d'argent. Période d'épure, de déchiffrage, qui fait jaillir de la feuille blanche des personnages de tous les possibles, qui fait apparaître de limbes imaginaires des créatures incertaines, souvent solitaires, à vif. Le dessin est puissant, il invente des anatomies, des corps anamorphiques, qui glissent et se transforment, comme insaisissables, et embarquent le spectateur dans les dérives fantasmatiques de l'artiste.
En 1984 s'ouvre avec les pastels une nouvelle période. De solitaire qu'il était, le personnage de Recondo devient social. Haut en couleurs, il se pare, joue de ses charmes, s'en amuse, s'enveloppe de fumée. Il dialogue avec le spectateur, son émotion affleure, le sang lui monte au visage. La sensualité de la couleur n'empêche pas l'interrogation constante du regard, elle l'enrobe comme un écrin.
Avec la sculpture, le personnage rêvé du dessin et celui sensuel du pastel prend corps. Il est nu, modelé par les mains de l'artiste. On peut le toucher, tourner autour. Le bronze l'immortalise, comme un défi à ce corps dont l'enveloppe périssable n'en finit pas de retenir en ses plis les parcelles de l'âme. Le travail du sculpteur sur le transi, en écho à l’exhumation des charniers de la guerre civile espagnole, apparaît comme un rappel de l'ultime fin du cycle.
Informations supplémentaires
Animaux acceptés : Non
Langues parlées
- Français
Date
Ouverture du 17 octobre 2026 au 14 mars 2027
Tarifs
| Tarif | Min. | Max. |
|---|---|---|
| Tarif réduit (du 17/10/2026 au 14/03/2027) | Min : 6€ | |
| Adulte (du 17/10/2026 au 14/03/2027) | Min : 9€ |